Sep 18 2007
Tell me You Love me, HBO cherche un second souffle
HBO (Home Box Office) est vraiment une chaîne à part aux États-Unis. Déjà, elle diffuse des films souvent en exclusivité, peu de temps après leur sortie en Dvd. Et moi qui adore le cinéma, je ne peux pas m’en passer, de la même manière que je ne pouvais me passer de Canal+ en France. L’autre intérêt à regarder cette chaîne (en fait, il s’agit plutôt d’un bouquet d’une dizaine de chaînes) est sa faculté à produire des chef-d’œuvres du petit écran. Nous avons tous, peut-être sans le savoir, été bercés par les productions HBO.
Qui n’a pas fait quelques cauchemars après avoir regardé sur M6 les contes de la crypte ? Qui n’a pas entendu dire, ici et là, qui valait mieux arrêter de regarder Prison Break pour se pencher sur Oz, qui parle vraiment de la prison, avec toute les souffrances et la violence que cela implique. La question du sexe a été étudiée dans ses moindres coutures par notre quatuor new-yorkais préféré dans la série Sex & the City (dont le tournage du film démarre demain pour une sortie en mai 2008). La mort, sujet qui me touche particulièrement en ce moment a été le thème de la série Six Feet Under (le premier épisode débutant par la mort du père de la famille Fisher). Ceux qui aiment que les méchants soient les héros ont été servis jusqu’à cette année par les déboires de la famille Soprano dans le New Jersey. HBO a aussi sa série traitant des enquêtes criminelles (The Wire, que je regarde en ce moment) mais cela se fait sans concessions et dans un Baltimore crasseux (les flics ne sont pas des top-modèles et on n’a qu’une enquête par saison et une multitude de personnages complexes).
Pourtant, ces derniers temps, HBO n’a plus le vent en poupe. Non pas que ses nouvelles séries soient mauvaises (génial Entourage, fantastique Deadwood, superbe Rome) mais c’est surtout qu’elle a du mal à prendre un nouveau virage, celui faisant suite à son âge d’or. Avec la fin des Sopranos, c’est également une époque glorieuse qui s’est achevée, avec tout ce que cela entraîne en terme de renouvellement. Ainsi, Deadwood, Rome et bien d’autres encore qui ont coûtés des fortunes à produire (on parle de 100 millions de dollars pour Rome) n’ont pas attiré un nombre de spectateurs suffisant pour être renouvelées. On se retrouve donc avec des séries qui s’arrêtent au bout de 2 ou 3 saisons, ce qui est particulièrement frustrant pour les quelques spectateurs assidus.
C’est pourquoi HBO a voulu frapper fort en ce début de saison télévisuelle américaine avec la diffusion d’une série traitant des problèmes intimes des couples. J’ai donc l’honneur de vous présenter “Tell me you love me”. Avant de parler de la série elle-même, je dois préciser qu’elle a été précédée d’une polémique, suite à la projection-presse au printemps dernier. Les journalistes présents ce jour-là s’étaient offusqués (NyTimes) que les scènes d’amour soient si réalistes et s’étaient demandés si celles-ci avaient été réellement simulées par les acteurs. “We’re not porn stars, we’re actors” (Nous ne sommes pas des stars du porno, nous sommes des acteurs). Cette réponse à un journaliste d’une des actrices de la série résume bien le malaise qui a fait suite à la projection. Alors, cette série est-elle si osée que cela ? Doit-on passer notre chemin où s’attarder sur d’autres facettes, plus…profondes ?
La série traite des relations de couple, leurs difficultés dans la vie de tous les jours. Comme fil conducteur et lien entre tout ces hommes et femmes, nous avons une psychologue (voir photo du dessus), un peu spécialiste des questions touchant à l’intimité. Dans le lot des problèmes traités dans le premier épisode, nous avons la passion et la difficulté à la maintenir après de longues années de mariage, la fidélité, la conception.
Beaucoup se retrouveront dans cette palette de situations ordinaires et c’est ce qui fait la force de la série : sa volonté de décrire de la manière la plus réaliste des situations plus ou moins vécus par chacun d’entre nous au cours de sa vie. La mise en scène se veut documentaire : point de fioriture, d’effets de caméra, de montées en musique (il n’y a aucune bande-son). Tout y est dans son plus simple appareil. Ce côté réaliste à les défauts de ses qualités : c’est par moment très chiant. Les dialogues sont très courts avec de nombreux silences (comme dans la vraie vie me direz-vous).
Maintenant, ouvrons le chapitre concernant le sexe dans cette série. C’est très explicite et réaliste, comme le reste de la série. En effet, comment parler de l’intimité du couple sans évoquer la sexualité ? La façon dont l’acte sexuel est montré me parait, personnellement, moins proche de la pornographie que ce qu’ont laissé entendre les journalistes. Je trouve que certaine scène de Sex & the City sont plus crues mais je vous accorde que le ton n’est pas du tout le même. Ici, tout parait grave et froid et par moment, très oppressant.
Je mets des liens vers des photos prises par moi-même des 2 scènes les plus explicites du premier épisode :
Attention, il est interdit aux personnes de moins de 18 ans de cliquer sur les liens suivants.
Je termine cette note en ajoutant que le premier épisode de cette série qui en contiendra 10 pour sa première saison a attiré 910 000 téléspectateurs dimanche dernier, ce qui est un score bien inférieur aux attentes de la chaine. Si la tendance devait se confirmer dans les prochaines semaines, je ne donnerai pas chère de la peau de cette série.
PS : Pour ceux qui se demandent pourquoi il n’y a pas de censure, il ne faut pas oublier que HBO est une chaîne payante et que, pas conséquence, elle ne souffre pas de la censure (comme les chaînes gratuites telles que TBS, USA, ABC, Fox, etc.). Et ça change tout! Regardez un épisode de Sex & the City sur TBS, c’est n’importe quoi. Et dernier bonus en faveur de HBO, les programmes ne sont pas entrecoupés de publicité toutes les 5 minutes et ça, c’est un vrai bonheur.

Tandem dans la Vie et tandem au boulot, au moment où partir à l'étranger est devenu notre obsession, nous avons mis tous les moyens en oeuvre pour y parvenir. Nous voici aujourd'hui à San Francisco dans le cadre d'un VIE (Volontariat International en Entreprise) pour une durée de 18 mois.
C’est clair que HBO en perte de vitesse est bien dommage, mais essayer de se relancer avec un “scandale sexe” montre à quelle point ils sont aux fraises. Parce que je doute que ça marche, le spectateur de HBO n’est pas là pour le cul sinon il s’abonne aux chaines porno
Surtout que les commentaires que j’ai lu sur la série ne sont pas bons, le principal reproche (que tu as évoqué) est qu’ils filment la vie tout bêtement. La vie toute con on la voit tous les jours, pas besoin de s’ennuyer à regarder celle des autres à la tv :oP
Le seul truc qui peut sauver HBO est de réussir le pari de la série qui soit à la fois bonne “artistiquement” parlant, sans être intimiste/indie, en ramenant du public. Comme les séries phares de la chaîne ont réussi à le faire par le passé.
Après quand je vois la prog série de HBO en ce moment et de je ne sais pas Showtime (avec la génialissime Californication, ou Weeds, Dexter, etc…) on comprend pourquoi ils ont du mal.
Je suis d’accord avec toi. Seul précision tout de même : les gens adorent regarder la vie des autres, quand bien même il ne s’y passe rien. Regarde le succès de Loft Story, Big Brother, Star Academy, etc. Les gens sont voyeurs. HBO veut s’adresser à ces gens (avec notamment http://www.hbovoyeur.com/ ). Californication, j’hésite à commencer cette série, ça fait déjà beaucoup pour moi, et j’ai pas envi de m’accrocher à celle-là en plus (je vais quand même mater le pilote avec un peu de retard).
Sinon, hier j’ai regardé les épisodes 2 et 3 de “Tell me you love me” et ça reste dans la même veine. Toujours la même ambiance, le même rythme et les même problèmes. Les tensions sont de plus en plus présentes au sein des différents couples.
Pour la suite de HBO, on annonce que le créateur de Six Feet Under va en créer une nouvelle pour la chaine… a voir. À voir également la nouvelle série avec Gabriel Byrne : In Treatment. On y voit un psy avec un patient. 5 jours par semaine. À chaque jour, son patient (ainsi, on peut ne regarder la série que le lundi si le patient du lundi nous plait). Marrant comme concept, j’espère que ce sera pas trop chiant de voir 2 gars papoter pendant 30 minutes…
Je n’en suis qu’au 2ème épisode de “Tell me you Love me” mais j’aime vraiment déjà beaucoup cette série justement parce qu’elle est vraie. Les problèmes des différents couples sont ceux de la vraie vie et c’est là que c’est intéressant. Ça peut même peut-être aidé à avoir un regard critique sur sa propre vie de couple même si le fait de pouvoir s’identifier à des couples en difficulté n’est pas agréable.
En tout cas moi j’aime beaucoup et je pense que beaucoup ont arrêté leur jugement sur les scènes de sexe non édulcolorées. Ces scènes sont aussi réalistes que les problèmes que rencontrent ces couples, et le fait qu’elles soient filmées de manière crue rend les choses encore plus vraies. La série n’aurait pas la même dimension sans ces scènes.
Sauf que Big Brother et cie, c’est des buses enfermées avec une mise en scène pour créer des tensions et autres à l’intérieur, et une excitation à l’extérieur (votes d’élimination, rumeurs qui circulent, infos exclusives dans la presse people, etc…). C’est ça qui font que les gens regardent… les primes et les résumés. Parce que sinon l’audience du 24/7 est très basses, vu qu’il ne se passe rien (et c’est normal, enfermé y’a rien à faire). Et là des critiques que je lis TMYLM ça se rapproche plutôt du 24/7 que du résumé/prime des différentes émissions de tv réalité.
mais c’est de ce que j’ai lu d’avis des sérivores “objectifs” (façon de parler parce que chacun son avis bien évidemment), c’est pour ça. Mais tant mieux si ça plait!
Après moi je ne peux pas juger vu que je ne l’ai pas vue
Tres interessant, Thomas. Ca donne envie de regarder (j’etais meme pas au courant, moi !). Merci et bisous a tous les deux !
Ca a l’air “drole”, le concept de “In treatment”…
L’épisode 4 a été diffusé hier soir. Toujours aussi déprimante cete série! Mais vraiment très bien réalisée, bien servie par les acteurs
@Stephanie Bisous à toi!
[…] Allez, on ose aujourd’hui et on plonge sous la couette avec cette nouvelle série signée HBO. Cette série avait déclenchée pas mal de polémiques au moment des diffusions presses qui précèdent toujours un lancement. Il s’agit d’une série traitant de la vie intime des couples, pas toujours évidente à gérer. Entre les problèmes sexuels, les problèmes de conceptions, la fidélité, etc. De nombreux thèmes sont traités, toujours de façon très réaliste. On est plus dans le documentaire que dans le show télévisuel. Pas de mouvements de caméras complexes, de décors somptueux : c’est du brut, rien que du brut. La bande-son est d’ailleurs elle-même réduite à son minimum. J’avais écris un billet sur le sujet sur ParisSFO. […]